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Le Caméo de Tamines a rouvert ses portes hier grâce à un jeune de 28 ans passionné de cinéma. Un événement dans le quartier des Alloux.

Tout le monde s'active, les raclettes et les torchons frottent le sol, les chips et les pop-corn s'installent derrière le comptoir, on place les dernières pleintes au mur. Il est 15h. La tension est palpable dans le cinéma Caméo à Tamines qui n'était, il y a trois mois d'ici, qu'une salle vétuste et un peu abandonnée. La première projection est prévue pour 16h. Chacun souhaite que tout soit au mieux pour l'arrivée des premiers spectateurs.

«Hier, nous avons encore cassé un mur pour faire le trou pour le projecteur. J'avoue, on était un peu à la bourre. Pourtant depuis des semaines on n'arrête pas», explique Vivian, le jeune gestionnaire.

Du papa, à la compagne en passant par les bénévoles de l'ASBL Cercle Saint-Joseph qui s'occupe de la gestion de la salle, tout le monde est sur le pied de guerre pour que tout soit au point.

15h45, la salle est plongée dans l'univers d'Enya avec la chanson Adiemus. L'atmosphère fait planer. Les premiers spectateurs franchissent le seuil du cinéma : «J'ai un peu le trac, j'ai peur qu'il n'y ai que cinq pelés», s'exprime Vivian, visiblement stressé.

En tout, 48 tickets ont été vendus pour le film Hancock «Ça fait quelque chose de vendre les premiers tickets. C'est un soulagement que le cinéma démarre. J'en perds mes mots.... Ça tourne mais je ne me rends pas encore bien compte de ce que j'ai fait». Et le patron du café d'à côté d'ajouter : «T'as réussi gros», en lui tapant sur l'épaule.

Pour les habitants du quartier, l'arrivée de ce cinéma est une bonne nouvelle. «Je trouve ça génial, explique Manuela, 14 ans. C'est tout prêt de chez nous, on est plus obligé d'aller à Charleroi ou à Namur. On peut venir à pied et éviter les transports en commun. »

Pourtant, le pari n'était pas gagné d'avance pour Vivian. «C'était loin d'être évident. Je devais diriger tout sur tous les plans. Avec tout ça, nous avons laissé un peu de côté le côté promotionnel. Les programmes ont seulement été distribués cette semaine. Mais nous comptons sur le bouche à oreille pour que ça marche.»

Hier se déroulait seulement la première projection du cinéma. Le 5 octobre prochain aura lieu l'inauguration officielle, tout juste 53 ans après la première projection de film au cinéma Caméo, en 1955.


Aurélie MOREAU




« Je suis au ciné Paradiso »

Sambreville. La nouvelle court comme une traînée de poudre dans le quartier de Alloux. Un cinéma ouvre ce 9 juillet.
« Je suis au ciné Paradiso »

De la cabine de projection à la salle, toutes les bonnes volontés s’activent pour l’ouverture de ce cinéma de quartier. © ASAP

Quelle mouche les a donc piqués ? En plus, c'est visiblement contagieux. Ce 8 juillet, au 27 de la rue Notre-Dame à Tamines, l'effervescence est partout. Des câbles électriques sont tirés, des rangées de fauteuils fixées, des coups de peinture appliqués dans une atmosphère d'urgence et un enthousiasme débordant.

Tout cela, c'est la faute à Vivian Audag, un passionné de 28 ans qui s'est entiché de réaliser un rêve d'enfant : ouvrir son cinéma de quartier. Autour de lui, tout le monde semble réquisitionné. Son père, un oncle, son beau-frère, sa belle-mère, des habitants de la rue qu'il ne connaissait pas. Ils donnent sans compter une aide bénévole sans laquelle rien ne serait possible. A la veille de l'ouverture, beaucoup reste encore à peaufiner. La nuit sera blanche pour l'équipe…

Un tel projet ne pouvait naître que dans l'esprit d'un homme au parcours atypique. « Le cinéma, je suis tombé dedans quand j'avais 12 ans, à la suite d'une erreur dans le journal », raconte Vivian Audag. « Une séance était annoncée à 14 h, alors qu'il n'y en avait pas à ce moment-là. Le tenancier de ce cinéma de Rixensart, Alexandre Kasim, m'a proposé de visiter les installations. Ce fut un coup de foudre. Je n'ai plus quitté cette cabine pendant les grandes vacances qui ont suivi. » Le jeune Vivian devient projectionniste, aussi assidu que bénévole. Adolescent, il fouinait dans les salles et les cabines bruxelloises, tannait les directeurs de grands complexes tels que l'UGC pour se faire embaucher, même sans rémunération.
Priorité au confort

Quinze ans plus tard, alors qu'il n'est pas encore trentenaire, il connaît beaucoup de monde dans la profession. Un atout de taille, assurément, pour se procurer des copies auprès des distributeurs comme pour mettre la main sur des fauteuils à bas prix ou se faire prêter du matériel de projection. Rien n'est neuf à l'exception d'un haut-parleur, mais le confort est sans concession. La salle par exemple, qui pourrait accueillir 240 places, n'en comptera que 200. Les spectateurs auront ainsi leurs aises. Le son sera digital, l'image de qualité. L'investissement avoisine les 30.000 euros. C'est peu en regard du résultat.

Pourquoi Tamines ? « J'ai trouvé sur une liste qui reprenait tous les cinémas existants en Belgique en 1956. J'ai donc prospecté pour mon projet. J'ai découvert cet endroit voici deux mois et demi. A Tamines, il y avait encore quatre autres salles dont deux existent toujours ». Le propriétaire des lieux, l'ASBL Cercle Saint-Joseph, emboîte vite le pas. Il n'y avait plus eu ici de projection depuis trente ans. « Moi, je suis dans Cinéma Paradiso », commente Vivian Audag. On comprend. Les deux films à l'affiche de ce premier jour sont Bienvenue chez les Ch'tis et Hancock.

LUC SCHARES
mercredi 09 juillet 2008,




Tamines a désormais son cinéma

Le vrai pari d'un passionné est en passe d'être réussi : Tamines a retrouvé un cinéma. Derrière l'initiative se trouve Vivian Audag, 28 ans, un féru de cinéma.

Quelle mouche les a donc piqués ? En plus, c'est visiblement contagieux. Ce 8 juillet, au 27 de la rue Notre-Dame, à Tamines, l'activité est partout. Des câbles électriques sont tirés, des rangées de fauteuils fixées, des coups de peinture appliqués dans une atmosphère qui sent le rush des derniers instants et un enthousiasme débordant.

Tout cela, c'est la faute à Vivian Audag, un passionné de 28 ans qui s'est entiché de réaliser un rêve d'enfant : ouvrir son cinéma de quartier. Autour de lui, tout le monde semble réquisitionné sans force. Son père, un oncle, son beau-frère, sa belle-mère, des habitants de la rue qu'il ne connaissait pas quelques jours auparavant.

Ils donnent sans compter une aide bénévole sans laquelle rien ne serait possible. A la veille de l'ouverture, beaucoup reste encore à peaufiner et c'est peu dire. La nuit sera blanche pour l'équipe, mais le moral est d'enfer. Clair que ça va le faire. Un tel projet ne pouvait naître que dans l'esprit d'un homme au parcours atypique.

"Le cinéma, je suis tombé dedans quand j'avais douze ans, à la suite d'une erreur dans le journal", raconte Vivian Audag. "Une séance était annoncée à 14 h, alors qu'il n'y en avait pas à ce moment-là. Le tenancier de ce cinéma de Rixensart, Alexandre Kasim, m'a proposé de visiter les installations, la salle, la cabine de projection. Ce fut un coup de foudre. Je n'ai plus quitté cette cabine pendant les grandes vacances qui ont suivi." Le jeune Vivian devient alors projectionniste, aussi assidu que bénévole. Adolescent, il fouinait dans les salles et les cabines bruxelloises, n'hésitait pas à tanner les directeurs de grands complexes tels que l'UGC pour se faire embaucher, même sans rémunération.

Aujourd'hui, il connaît beaucoup de monde dans la profession. Un atout de taille. Pourquoi Tamines ? C'est plutôt une question de circonstances. "Je suis tombé sur une liste qui reprenait tous les cinémas existants en Belgique en 1956. J'ai donc prospecté pour mon projet. J'ai découvert cet endroit voici deux mois et demi."

Le propriétaire des lieux, l'ASBL "Cercle Saint-Joseph", emboîte vite le pas. Il n'y avait plus eu ici de projection depuis trente ans. Les deux films à l'affiche de ce premier jour étaient "Bienvenue chez les Ch'tis" et "Hancock".

L. S.
Mis en ligne le 10/07/2008




Le cinéma Caméo est ouvert

C'est le début d'une histoire entre un cinéma et son quartier. Ce 9 juillet à Tamines, le Caméo ouvrait ses portes et le grand écran reparlait, trente ans après. Un événement dans le quartier qui, un peu en dehors du centre de Tamines, ne regorge pas de lieux culturels. Nul ne s'attendait ici, voici trois mois, à voir revivre cette salle trente ans après sa fermeture. A l'intérieur, une cinquantaine de spectateurs ont pris place. Les enfants sont en nombre. Pas mal de jeunes se sont également déplacés. "On n'allait pas manquer ça", lâche l'un d'eux. Surtout pour cinq euros. C'est moins cher que d'autres films dans des grands complexes." Une discussion s'anime aussi sur la dernière rangée de fauteuils. "On ne voit pas grand-chose." Vivian Audag, l'exploitant, reconnaît qu'il faudra rehausser le sol. Cela semble presque être un détail face au travail accompli en vingt-quatre heures, pour lancer la projection à temps. L'équipe s'est rendue compte in extremis que la fenêtre de projection était trop basse. Il a fallu, aux petites heures, mettre la main sur un marteau-piqueur avant de trouer le mur et replacer la vitre... Ça y est, l'écran s'anime avec les bandes annonces. Des blockbusters... A la rentrée, la programmation laissera place à des films moins commerciaux.

L. S.
Mis en ligne le 14/07/2008